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Formation

Questions / réponses extraites de l'entretien réalisé entre l'association et M. Claude Lucas de Leyssac, directeur de la formation.
  • Que propose le Master 2 « Recherche » Droit des affaires en termes d’enseignements fondamentaux ?
    Le M2 se veut généraliste en droit des affaires parce que le droit des affaires est déjà une spécialité. Il est donc important que les étudiants en abordent tous les aspects. C’est important pour leur formation car la vie économique se moque des clivages académiques ; la plupart des questions auxquelles ils seront confrontés dans leur vie professionnelle mêleront intimement des problèmes de droit des sociétés, de droit de la concurrence ou de droit des obligations. Ce M2 refuse de créer des juristes de droit des affaires infirmes parce qu’incapables de comprendre autre chose que la seule matière spécialisée qu’ils ont étudiée de fond en comble pendant un an.

    Cette vocation généraliste est importante aussi pour trouver un emploi : plus la palette des matières étudiées est large, plus il sera facile de trouver un employeur intéressé par tel ou tel aspect. Il s’agit de ne pas créer de chômage sectoriel. Retour en haut de page
  • Une formation généraliste ne s’enseigne-telle pas au détriment de la compétence de pointe ?
    Qu’est ce qu’une compétence de pointe ? La faculté de répondre dans l’instant à une question pointue, sans consulter le moindre code ou ouvrage, la moindre banque de données ? Cela signifierait gagner trois heures pour répondre à une question, pourvu qu’elle soit posée dans un domaine restreint, et à la condition qu’elle survienne dans les trois mois de l’obtention du diplôme pour parer à l’obsolescence de plus en plus rapide des connaissances juridiques.

    Le but de la formation « Droit des affaires » de Paris 1 est tout autre, presque inverse. Il s’agit de donner aux étudiants les moyens d’appliquer à toutes les matières les méthodes de raisonnement qu’ils auront acquises ; il s’agit de leur permettre de bien poser les bonnes questions, et de savoir où et comment trouver rapidement les bonnes réponses. La formation juridique n’est pas une somme de connaissances, c’est l’acquisition d’une méthode de raisonnement. Retour en haut de page
  • Faut-il condamner les M2 très spécialisés ?
    Pas du tout ! On peut y apprendre les mêmes méthodes de raisonnement dès lors que les enseignements ne visent pas seulement à apprendre des règles de droit, mais tendent à la transmission de la discipline intellectuelle que suppose la pratique du Droit.

    Le M2R Droit des affaires a choisi d’asseoir cette formation fondamentale sur un socle large pour augmenter le spectre des couleurs juridiques avec lesquelles les étudiants se familiariseront. Il semble important qu’un juriste d’affaires connaisse l’ensemble des concepts auxquels on a recours en droit des affaires car plus il avancera dans sa carrière, moins il sera spécialisé – et plus il sera spécialisé, moins il avancera dans sa carrière. Retour en haut de page
  • Que propose le Master 2 « Recherche » Droit des affaires en termes d’enseignements secondaires ?
    Le M2 propose de très nombreuses matières à option, avec trois dominantes possibles, mais non imposées : droit fiscal, droit international ou droit du marché. Toutes ces matières sont enseignées par des spécialistes reconnus, professeurs des facultés de droit, qui ont pour ambition d’enseigner le Droit et pas seulement des règles de droit. Retour en haut de page
  • Pourquoi le droit communautaire n’existe-t-il même pas dans la carte des enseignements ?
    Depuis 1957, le droit communautaire est constitutif de l’ordre juridique des pays membres. Enseigner le droit interne, c’est enseigner la part de droit communautaire dont il est constitué, et dans tous les enseignements du M2 il a la place importante qu’il mérite. Dans ces conditions, se prévaloir du label « droit communautaire » dans l’intitulé des enseignements du M2 Droit des affaires aurait été soit rétrograde, soit démagogique. Retour en haut de page
  • Pourquoi le droit international n’apparait-il que comme une option ?
    Le droit international est lui aussi présent dans tous les cours, parce que la vie des affaires est internationale par essence. Et s’il apparait aussi comme une option, c’est tout simplement parce qu’il n’existe pas encore, en droit des affaires, d’ordre juridique international ayant directement intégré les ordres juridiques internes. Retour en haut de page
  • Pourquoi une telle insistance sur la pratique orale du Droit ?
    Pour diverses raisons, les étudiants en Droit ne sont pas familiarisés avec les techniques de l’expression orale. Pourtant c’est un mode d’expression essentiel dans la pratique du droit : le juge fait son rapport à la juridiction par oral, et en dix minutes ; l’avocat est prié de ne pas plaider et de se contenter de formuler des observations en dix minutes ; quant au juriste d’entreprise, le directeur général ne lui laisse la parole que pendant dix minutes – quand il est patient. Il faut donc apprendre à tout dire sur un sujet en dix minutes.

    Pour se faire comprendre, il faut maitriser le style oral qui n’a rien à voir avec le style écrit. Tout dire n’est pas tout lire. On connait l’effet soporifique puissant de la lecture d’un texte même excellemment écrit. A l’inverse, la transcription écrite d’un discours formidable est généralement illisible. Il faut donc apprendre à maitriser ce genre particulier que représente l’intervention orale de dix minutes.

    C’est ce à quoi ce Master 2 propose d’initier les étudiants, pour qu’ils se préparent à ce qui les attend demain. Tous les concours et examens auxquels ils se présenteront comportent des épreuves de cette nature. C’est ce qui leur sera demandé dans leur vie professionnelle de juriste, quelle qu’elle soit. Retour en haut de page