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Renommée du Master 2

Questions / réponses extraites de l'entretien réalisé entre l'association et M. Claude Lucas de Leyssac, directeur de la formation.
  • Le « DEA de droit des affaires » de Paris 1, existant depuis 1972, a pendant des décennies été classé comme le premier de sa catégorie. Or, aujourd’hui, il n’apparait plus dans les classements, ou en position moins favorable. Pourquoi ?
    Pour être classé, il faut accepter de participer au classement – et ce classement, la direction du Master 2 la refuse depuis quelques années.

    Pour qu’un classement ait un sens, il faut que la compétition dont il est le résultait ait elle-même un sens. Cela suppose qu’elle porte sur des qualités communes à tous les compétiteurs. Or, la direction a estimé que depuis quelques années les classements publiés par certains organismes prenaient en considération des critères non pertinents pour évaluer des formations au droit des affaires. C’est la raison pour laquelle elle a décidé de ne pas répondre aux questionnaires qui lui ont été envoyés, ce qui a eu pour conséquence que le Master n’a pas été classé, ou mal classé.

    Pendant de très longues années, les classements ont été effectués par des journaux à grand tirage qui s’adressaient à ceux qui recrutaient ou avaient recruté des diplômés de droit des affaires. Ils fondaient leur opinion sur la qualité de la formation en considération de la qualité du produit – qualité jugée par l’utilisateur.

    Depuis quelques années, des publications qui se disent spécialisées élaborent des grilles d’analyse qui sont censées évaluer la qualité de la formation en examinant les composantes de cette formation, et non pas seulement la qualité des diplômés. Ces publications prétendent dire ce qui est bon pour la formation juridique, aux lieu et place de ceux dont c’est le métier. En outre, les grilles en question favorisent les formations de droit des affaires nouvellement apparues dans des écoles ou instituts qui se sont découverts une vocation à l’enseignement du droit des affaires pour attirer des étudiants séduits par un marché effectivement porteur. Retour en haut de page
  • Pourquoi refuser de faire entrer le Master 2 en compétition avec les diplômes de droit des affaires délivrés par les écoles de commerce ou les instituts d’études politiques ?
    En refusant une compétition biaisée avec tous les nouveaux diplômes récemment apparus, la direction a ainsi cherché à éviter qu’ils puissent s’enorgueillir d’être jugés meilleurs que les meilleurs dont ce Master 2 fait partie, en matière juridique.

    Cela ne signifie pas que le Master 2 rejette les étudiants des écoles de commerce ou de Sciences Po. Depuis toujours, il accueille chaque année au moins une quinzaine de ces étudiants, pourvu qu’ils aient reçu une formation juridique complète, et l’expérience démontre qu’à cette condition, ils réussissent très bien.

    De l’autre côté, il est essentiel que les juristes soient ouverts sur d’autres horizons, et de nombreux étudiants du Master 2 vont suivre dans des écoles de commerce des formations de troisième cycle à la finance, à la gestion ou aux affaires internationales. Retour en haut de page
  • Les recruteurs ne s’appuient-ils pas sur les classements ?
    Beaucoup de recrutements se font en direct, par les juristes qui recherchent un collaborateur. Aujourd’hui, il existe environ 3000 juristes qui depuis 36 ans sont issus de notre formation. Beaucoup sont à des postes de grande responsabilité, et tous sont attachés à leur formation d’origine. Se présenter avec le Master 2 « Droit des affaires » sera souvent un avantage concurrentiel décisif au moment de la décision.

    S’il existe des cabinets de recrutement dont la méconnaissance du marché des diplômes serait telle qu’ils se laisseraient éblouir par les paillettes de ces classements, il est à redouter qu’ils disparaissent rapidement de la scène professionnelle sur laquelle ils prétendent jouer un rôle. Dès que ce marché émergent sera mature, selon l’expression consacrée, l’incompétence sera rapidement sanctionnée. Retour en haut de page